Dématérialisation des demandes de permis de conduire : nombreuses difficultés rencontrées par les us

Actu Usagers publiée le 10/10 2018

Séparateur déco
  Dématérialisation des demandes de permis de conduire et de certificat d'immatriculation : le Défenseur des droits alerte sur les nombreuses difficultés rencontrées par les usagers.

Dans le cadre du Plan Préfectures Nouvelle Génération, le Ministère de l’intérieur a dématérialisé les demandes de permis de conduire et de certificat d’immatriculation. Depuis fin 2017, ces démarches ne peuvent plus être effectuées que sur le site Internet de l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS).

Depuis, le Défenseur des droits a été destinataire de nombreuses saisines relatant les difficultés rencontrées avec l’ANTS dans le cadre de la délivrance des permis de conduire et des certificats d’immatriculation à la suite de la mise en place généralisée du Plan Préfectures Nouvelle Génération (PPNG). 

Les difficultés remontées par ces personnes résultent de pannes informatiques, de délais excessifs de traitement des demandes, de défaut d’expertise, de difficultés à joindre les services de l’ANTS, à avoir accès aux points numériques ou à des interlocuteurs délivrant une solution inadaptée à l’usager suite à l’adoption du PPNG. 

Dans sa décision du 3 septembre 2018, le Défenseur des droits interpelle donc le Premier ministre et le ministre d’État, ministre de l’intérieur, sur les nombreuses atteintes aux droits d’usagers qui ont été insuffisamment informés en amont de la réforme, trop peu accompagnés une fois celle-ci généralisée et dont les difficultés particulières d’accès et de maitrise d’internet n’ont pas été prises en compte.

Le Défenseur des droits recommande notamment que les services préfectoraux et les centres d’expertise et de ressources des titres (CERT) cessent d’orienter les usagers vers des prestataires privés pour la réalisation de leurs démarches et recommande à l’État de faire en sorte que le site de l’ANTS apparaisse avant les sites privés dans les résultats des moteurs de recherche afin que l’usager ne soit pas amené à payer, par erreur, des prestations qui sont gratuites.

Prenant en considération les objectifs du gouvernement de dématérialiser l’ensemble des démarches administratives d’ici 2022, le Défenseur des droits recommande également d’introduire dans la loi une clause de protection des usagers, prévoyant l’obligation d’offrir une voie alternative au service numérique lors de la dématérialisation d’un service public ou d’une procédure administrative.

En effet, l’enjeu est celui du maintien de la cohésion sociale : une dématérialisation trop rapide des services publics entraîne des risques d’exclusion et une augmentation du non-recours aux droits, mettant en péril l’égalité de toutes et tous devant le service public qui constitue un principe fondamental de la République.


Virginie MEREGHETTI-FILLIEUX


Cet article n'engage que son auteur.

Crédit photo : tovovan - Fotolia.com


 
https://www.eurojuris.fr/medias/shared/dematerialisation-tovovan---fotolia.com.jpg